POETES ET ECRIVAINS

Quelques phrases d'hommes connus  (POETES ET ECRIVAINS) posté le dimanche 21 janvier 2007 10:46

De JACQUES PREVERT 

 

. Saint Martin a donné la moitié de son manteau à un pauvre : comme ça, ils ont eu froid tous les deux

 
.Si quelqu'un vous dit : "Je me tue à vous le répéter", laissez-le mourir !

 
. La poésie, c'est le plus joli surnom qu'on donne à la vie.

 

. Quand vous citez un texte con, n'oubliez pas le contexte 

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Quelques phrases de Prévert  (POETES ET ECRIVAINS) posté le dimanche 28 janvier 2007 20:19

Jacques prévert aimait à dire :  Raconte pas ta vie !! 

 

Au revoir, dit l'aveugle.

 

J'aime mieux tes lèvres que mes livres.

 

Quelque chose me dit que cette année le 14 juillet tombera un vendredi 13.

 

Il suivait son idée, c'était une idée fixe, et il était surpris de ne pas avancer.

 

A force de vous meubler l'esprit, il y a toujours un pied de table ou de fauteuil qui dépasse.

 

Et Dieu
Surprenant Adam et Eve
leur dit
Continuez je vous en prie
Faites comme si je n'existais pas.

 

Quand je ne serai plus là, ils n'ont pas fini de déconner. Ils me connaîtront mieux que moi-même.

 

... Je n'ai jamais compris grand-chose

D'ailleurs, il n'y a jamais grand-chose

ni petite chose

il y a autre chose

Autre chose

c'est ce que j'aime qui me plaît

et que je fais. 

 

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ALPHONSE ALLAIS  (POETES ET ECRIVAINS) posté le mercredi 24 octobre 2007 20:34

A… COMME ALPHONSE ALLAIS

L’humour d’Alphonse Allais n’a pas vieilli, fait rare chez les humoristes. Et son œuvre est tellement prolifique que l’on ne cesse de la redécouvrir.

 

Surnommé Alphi

Ses amis – et ils étaient nombreux – le surnommaient le « Grand Alphi ». Sa célébrité est telle que, aujourd’hui, dès qu’on cherche l’auteur d’un bon mot, un nom vient immédiatement à l’esprit : Alphonse Allais ! Ce qui n’est pas toujours la réponse juste, convenons-en, car « Alphi », malgré son génie, n’a pas le monopole des bons mots…

Cette renommée cependant cache une profonde injustice : la gloire d’Alphonse Allais vient de ses bons mots qui ne constituent, pourtant, qu’une très petite partie de son œuvre. Et quelle œuvre ! Elle est plus prolifique que celle de Victor Hugo qui ne paressait pourtant pas pour noircir des pages blanches.

A titre d’exemple, Allais a écrit 1 680 contes en 25 ans de labeur…

Alphonse Allais naquit à Honfleur le 20 octobre 1854. Ce jour-là vit aussi l’apparition… de l’éclairage au gaz. Il n’y a certes aucun lien entre ces deux évènements, sauf à considérer que, dans les deux cas, une lumière naquit ce jour-là !

Comme il ne pêchait pas par excès d’imagination, son père, qui était pharmacien, voulut faire de son fils… un pharmacien. Et l’envoya comme stagiaire dans une pharmacie de Paris. Mais, vraiment, le pauvre Alphonse n’avait pas la vocation et sa volonté de faire plaisir à son père avait des limites. C’est alors que, comme certains l’ont dit, il abandonna les bocaux pour la mise en boîte.

Il débuta comme collaborateur du journal Le chat noir. Le début d’une très prolifique carrière : pendant 25 années, il donna chaque semaine aux différentes publications qui les accueillaient pas moins de deux à trois contes. Faites le… compte, le résultat est impressionnant !

Atteint d’une phlébite, Allais se vit contraint par son médecin de garder le lit. Pourtant, l’humoriste, n’y tenant plus, continua de se rendre au café, comme il en avait l’habitude. Le 27 octobre 1905, il annonça à ses amis, parmi lesquels figurait Jules Renard : « Demain, je serai mort ».

Ses amis, qui avaient commencé par rire, s’interrogèrent devant le ton inhabituellement grave de leur compagnon. Et le lendemain, Alphonse Allais mourut, victime d’une embolie à l’hôtel Britannia, 24 rue d’Amsterdam, en face de la gare Saint-Lazare. Il n’avait que 50 ans.

Il tomba dans l’oubli. Mais c’est un trou d’où l’on ressort. La postérité mit quelques décennies à lui redonner la place qu’il mérite. Les surréalistes, Prévert, Guitry contribuèrent grandement à ce retour en grâce. En avril 1944, une bombe anglaise tomba pile sur sa tombe et la fit voler en éclats… de rire ?

Le mot pour rire

« Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Être « de » quelque chose, ça pose un nomme, comme être de garenne, ça pose un lapin ».

 

Primé au concours Lepine ?

Voici quelques inventions proposées par le célèbre humoriste

qui avait, on le notera, un grand sens pratique.

 - Les balayeuses municipales à rouleaux de papier buvard pour assécher les rues après la pluie.
- Un amidon bleu blanc rouge pour maintenir les drapeaux déployés les jours où il n’y a pas assez de vent.
- La casserole carrée pour empêcher le lait de tourner.
- Les plantes grimpantes pour monter le courrier dans les étages.
- L’aquarium en verre dépoli pour poissons timides.
- L’appareil à détacher la moutarde du pot de moutarde.
- La canne à pêche avec pompe à bicyclette.
- Le coton noir pour les oreilles de personnes en deuil.
- L’utilisation des énergies perdues, tel le mouvement oscillatoire du bras gauche chez les troupes en marche.
- Le recyclage des vieux confettis.
- Le cache-poussière pour sous-marin.
- Les obus chargés de poil à gratter.

 

Dédicace

Alphons Allais avait l’habitude de se dédicacer à lui-même des livres de sa bibliothèque. Sur la page de garde des Essais de Michel de Montaigne, on pouvait ainsi lire :

« A Alphonse Allais, avec l’éternel regret de ne pas l’avoir connu. » Signé Montaigne.

Jusqu’à l’âge de trois ans, Alphonse Allais n’a pas prononcé une parole. Peut-être le jeune garçon attendait-il d’être capable de prononcer des phrase drôles !

 

Le saviez-vous ?

Lorsqu’il était mécontent d’une de ses phrases, mais qu’il se refusait à la récrire, Alphonse Allais la mettait entre guillemets et ‘l’attribuait à une de ses confrères de seconde zone, notamment le nommé Georges Ohnet, qui fut le romancier - aussi médiocre que prolifique - le plus lu de la fin du XIXe siècle.

Moralité

« Devenu le mari d’une exécrable rosse,

Il la tua dès le réveil

Au lendemain de son absurde noce.

Moralité : la nuit porte conseil »

Logique allaisienne

« Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue. »

« Il ne faut jamais faire de projets, surtout en ce qui concerne l’avenir »

« Sa statistique a démontré que la mortalité dans l’armée augmente sensiblement en temps de guerre. »

« C’est quand on serre une dame de trop près… qu’elle trouve qu’on va trop loin. »

« La mer est salée parce qu’il y a des morues dedans. Et si elle ne déborde pas, c’est parce que la Providence, dans sa sagesse, y a placé aussi des éponges. »

« Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas ».

« Les pommes de terre cuites sont plus faciles à digérer que les pommes en terre cuite. »

 

Comme disait Alphonse Allais

Alphonse Allais de A à Z…

De A comme Absinthe à Z comme Zutiste, en passant par C comme Calembour, H comme Honfleur, P comme Poésie, etc., ce livre réjouira tous ceux - et ils sont nombreux - qui tiennent Allais pour l’un des tout meilleurs représentants de l’esprit français et montrera aux autres l’extraordinaire foisonnement spirituel de cet auteur prolifique qui, en un quart de siècle, publia pas moins de mille sept cents contes, histoires, fables express, holorimes, pensées, calembours et autres loufoqueries. Un portrait tracé par la main complice et joyeuse de Patrice Delbourg, célèbre journaliste.

Comme disait Alphonse Allais, de Patrice Delbourg. Editions Ecriture
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PABLO NERUDA  (POETES ET ECRIVAINS) posté le lundi 28 juillet 2008 20:52

PABLO NERUDA

D'origine modeste, le poète chilien Neftali Ricardo Reyes dit Pablo Neruda commence à écrire dès l'adolescence et publie son premier recueil "Crépusculaire" en 1923. Il mène de front une carrière littéraire et politique : sa vie sera marquée par les voyages et l'exil. Dès 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires et est élu sénateur des provinces minières du Nord du Chili en 1945. Communiste, les persécutions du président de la République, Gabriel González Videla, l'obligent à fuir son pays. En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili du président socialiste Allende. En 1971, il reçoit le prix Nobel de littérature pour une oeuvre poétique colossale teintée de lutte politique et de révolte avec le "Chant général" (1950), mais aussi d'un lyrisme délicat avec "Vingt poèmes d'amour" et "Une chanson désespérée" (1924). Neruda est aussi le poète de la terre et de l'amour. Il meurt peu après le putsch militaire de septembre 1973 qui renverse le gouvernement socialiste et instaure la dictature de Pinochet.

Les anecdotes sur Pablo Neruda

D'un Neruda à l'autre
De son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, le poète choisit à seize ans son nom de lettres
'Pablo Neruda' en hommage au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891).

Ses citations

« La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité. »
[ Pablo Neruda ] - Fin du monde

« Un seul mot, usé, mais qui brille comme une vieille pièce de monnaie : merci ! »
[ Pablo Neruda ]

« La parole est une aile du silence. »
[ Pablo Neruda ]

Biographie

Pablo Neruda, de son vrai nom Neftalí Ricardo Reyes Basoalto , était un poètechilien, né le 12 juillet 1904 à Parral (province de Linares, Chili), mort le 23 septembre 1973 à Santiago du Chili.

Sa mère, doña Rosa Basoalto, institutrice, meurt un mois après sa naissance. Son père, don José del Carmen Reyes Morales, se remariera en 1906. Son premier apprentissage est la nature Mon enfance, ce sont des souliers mouillés, des troncs cassés / Tombés dans la jungle, décorés par les lianes. C'est la découverte du monde du vent et du feuillage.

De 1910 à 1920, il a fréquenté le lycée pour garçons de Temuco au Chili. À treize ans déjà, il publie ses premiers poèmes et textes en prose. À partir de 1921, il étudie la langue et la littérature française à Santiago et la pédagogie. Il choisit son pseudonyme en hommage au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891), et veut devenir professeur de français. Il se fait très rapidement une renommée avec ses publications et des récitals de poésie.

A dix-neuf ans, il publie son premier livre Crepusculario (Crépusculaire). Suit, un an plus tard, Veinte poemas de amor y una canción desesperada (Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée).

En 1927, Neruda entre au service diplomatique. Il devient consul à Rangoon, Colombo, Batavia, Calcutta, Buenos Aires. En 1932, il rentre au Chili, en 1933, il publie Residencia en la tierra 1935, il est consul en Espagne où il entretient des relations amicales avec Federico Garcia Lorca qu'il avait connu à Buenos Aires et qui aura une influence déterminante sur sa vie et son œuvre, mais aussi avec Rafael Alberti et Jorge Guillen. Après le putsch fasciste de Franco du 18 juillet et l'assassinat de Garcia Lorca, Neruda se fait l'avocat de la République espagnole. Il est révoqué comme consul et commence España en el corazón (L'Espagne au cœur) qu'il publie en 1937 et dans lequel il franchit un pas décisif dans sa démarche. Son chant, de sombre et solitaire, devient solidaire et agissant Comité hispano-américain pour le soutien à l'Espagne et l'Alliance des intellectuels chiliens pour la défense de la culture. Il fait des voyages au Mexique, à Cuba et au Pérou. Il visite la forteresse inca de Machu Picchu. En 1945, il est élu au Sénat et devient membre du parti communiste chilien

En 1946, Neruda dirige la campagne électorale de Gonzalez Videla qui, après son élection comme président, se révèlera être un dictateur farouchement anticommuniste. Le poète réagit par un discours au sénat portant le célèbre titre d'Emile Zola : J'accuse ! Il peut à peine échapper à son arrestation et se réfugie à l'étranger. Son exil en Europe le conduit en URSS, en Pologne, en Hongrie, en Italie. Il visitera également l'Inde et le Mexique. C'est là que paraîtra en 1950 son Canta General (Chant Général), écrit dans la clandestinité. L'œuvre est immédiatement interdite au Chili.

En 1949, Neruda est devenu membre du Conseil Mondial de la Paix à Paris, en 1955, il obtient, ensemble avec Pablo Picasso, le Prix international de la Paix et en 1953, le Prix Staline international pour la Paix. Il rencontre la femme de sa vie, Matilde Urrutia qui l'inspire pour des poèmes d'amour d'une fulgurante beauté Cien sonetos de amor (La Centaine d'Amour). De retour au Chili en 1952, il publie en 1954 les Odes élémentaires. En 1957, il devient président de l'Union des écrivains chiliens, l'année suivante il publie : Extravagario (Vaguedivague). Cette même année, tout comme en 1964, il soutient pleinement la campagne électorale de Salvador Allende Goossens comme candidat à la présidence de la République. Il a été à cette période l'une des cibles du Congrès pour la liberté de la culture, association culturelle anticommuniste fondée en 1950. En 1964, Neruda publie Memorial de Isla Negra, le retour sur son passé et son rêve d'une humanité plus fraternelle. En 1965, il est nommé Doctor honoris causa de l'Université d' Oxford.

Sa seule pièce de théâtre : Fulgor y muerte de Joaquín Murrieta (Splendeur et Mort de Joaquín Murrieta) est créée en 1967. Neruda publie, coup sur coup, La Barkarole (La Barcarole), Las manos del dia (Les mains du jour) et Arte de pájaros (L'Art des Oiseaux). En 1969, le parti communiste le désigne comme candidat aux élections présidentielles, mais Neruda renonce en faveur d'Allende comme candidat unique de l'Unidad Popular. Après l'élection d'Allende, Neruda accepte le poste d'ambassadeur en France où il rencontrera Mikis Theodorakis et où il publiera La espada encendida (L'épée en flammes) et Las piedras del cielo (Les pierres du ciel), livres, dans lesquels sa méditation sur la solidarité nécessaire et le silence du monde, atteint son expression la plus intense.

Le 21 octobre 1971, Pablo Neruda obtient, après Gabriela Mistral en 1945 et Miguel Angel Asturias en 1967, comme troisième écrivain d'Amérique Latine, le Prix Nobel de littérature. En 1972, il retourne au Chili et est triomphalement accueilli au stade de Santiago. Neruda rédige Incitación al Nixoncidio y elogio de la revolución (Incitation au nixoncide et éloge de la révolution).

Le Coup d'Etat du 11 septembre 1973 au Chili renverse le président élu, Salvador Allende. La maison de Neruda à Santiago est saccagée et ses livres sont jetés au bûcher. Le poète et homme politique meurt le 23 septembre 1973 d'un cancer du pancréas, à la Clinique Santa Maria de Santiago. Son inhumation devient, malgré une surveillance policière effrayante, une manifestation de protestation contre la terreur militaire. En 1974, l'autobiographie de Neruda Confieso que he vivido (J'avoue avoir vécu), paraît à titre posthume, extrait :

<<Je veux vivre dans un pays où il n'y a pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville pour l'arrêter, pour l'expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos.
Je veux que l'immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s'épanouir.>>

 

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

Pablo Neruda

Extrait de "El Canto General"
Traduction collégiale

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Vinicius de Moraes  (POETES ET ECRIVAINS) posté le vendredi 15 août 2008 20:33

 

Vinicius de Moraes

Vinícius de Moraes (19 octobre 1913 à Rio de Janeiro - 9 juillet 1980), Marcus Vinícius da Cruz de Melo Moraes de son nom complet, mais souvent appelé Vinícius tout court, ou le petit poète était un personnage clef de la musique brésilienne contemporaine. Comme poète il a écrit les paroles de nombre de chansons devenues des classiques. Mais on lui doit aussi quelques mélodies et il se fit l'interprète de ses chansons. C'était en outre une personnalité très dynamique qui a encouragé de nombreux artistes à s'engager dans la chanson populaire de qualité.

Né dans une famille musicienne, il s'est mis très tôt à composer de la poésie. À 14 ans, il se lia avec les frères Paulo et Haroldo Tapajós, composant avec ce dernier sa première chanson, Loura ou Morena. En 1929, il s'inscrivit pour des études de droit à Rio. À partir de 1932, il écrivit les paroles de dix chansons qui furent enregistrées par les frères Tapajós. Ses études finies, il fit publier ses livres Caminho Para a Distância (1933) et Forma e Exegese. Plus tard, il s'occupa de censure cinématographique pour le Ministère de la Santé et de l'Éducation (1935) et composa son troisième livre Ariana, a Mulher (1936).

Études et débuts 

Parti pour le Royaume-Uni en 1938 avec une bourse du gouvernement britannique pour étudier la littérature à Oxford, il écrivit Novos Poemas. Il se maria par procuration. Fuyant la Seconde guerre mondiale, il revint à Rio en 1941 et se mit à écrire sur le cinéma dans des journaux et revues. Deux ans plus tard, il rejoignit le corps diplomatique brésilien et publia Cinco Elegias. En 1946, on le nomma à Los Angelès comme vice-consul. Ce fut son premier poste diplomatique. Il publia Poemas, Sonetos e Baladas.

Il s'en retourna au Brésil en 1950, à la mort de son père. Sa première samba (co-composée avec le musicien Antônio Maria) fut Quando Tu Passas por Mim en 1953, l'année où il se rendit en France comme second secrétaire d'ambassade. Sa pièce de théâtre Orfeu da ConceiçãoCentenário do Estado de Sao Paulo en 1954. L'année suivante, il écrivit des paroles pour des pièces de musique de chambre de Claudio Santoro, puis fit jouer Orfeu da Conceição (plus tard porté au cinéma par Marcel Camus sous le titre Orfeu Negro). On lui présenta alors un pianiste inconnu, Tom Jobim, qui devait écrire la musique de la pièce. Jobim composa la musique de Se Todos Fossem Iguais a Você, Um Nome de Mulher et de plusieurs autres chansons, qui allaient être enregistrées par Luis Bonfa notamment. Reparti en France puis en Uruguay pour ses activités diplomatiques, Vinícius publia Livro de Sonetos et Novos Poemas II. gagna au quatrième

Les débuts de la Bossa nova

En 1958 la chanteuse Elisabeth Cardoso enregistra son album Canção do Amor Demais : ce furent les prémisses de la bossa nova. Cet album était uniquement composé de chansons de Jobim et/ou Vinícius (notamment : Canção do Amor Demais, Luciana, Estrada Branca, Chega de Saudade, et Outra Vez), et Joao Gilberto y intervenait sur deux pistes. Ce disque fut suivi de ceux de Gilberto seul, qui firent le succès de nombreuses compositions du duo.

Années 1960 et 1970 

Pendant ce temps Orfeu Negro, dont la bande originale était due à Vinícius, Luis Bonfá et Jobim, gagnait de nombreux prix (notamment l'Oscar du meilleur film étranger, la Palme d'Or  au Festival de Cannes...). du

À partir des années 1960, Vinícius se mit à collaborer avec d'autres musiciens brésiliens, déjà renommés ou qui allaient le devenir : Carlos Lira, Pixinguinha, Baden Powell, Ary Barroso, Edu Lobo, Francis Hime et surtout Toquinho  (son partenaire le plus durable et son meilleur ami). Ses chansons Para uma Menina com uma Flor et Samba da Bênção (composées par Baden Powell) figurent sur la B.O. de Un homme et une femme de Claude Lelouch en 1966.

Les lois sur la censure ayant été renforcées par le régime militaire, il dut quitter ses fonctions diplomatiques à partir de 1968. Il se mit alors à se produire sur scène plus intensivement, notamment aux côtés de Toquinho (mais aussi de Joyce, Jobim...), et surtout hors du Brésil dans un premier temps.

Il meurt, victime d'un œdème pulmonaire, le 9 Juillet 1980 dans sa maison de Gavea (Rio de Janeiro) en compagnie de Toquinho et de sa dernière épouse.

Postérité 

Vinícius est co-auteur de plus de 400 chansons, dont quelques standards du jazz et un bon nombre de classiques de la chanson brésilienne.

Pour ce qui est de son œuvre proprement poétique, il lui donna moins de sérieux sur la fin de sa vie, mais n'en continua pas moins à publier, enregistrant des disques de poèmes récités.

C'était un original très exubérant, en perpétuel besoin de romantisme (il semblait qu'il se remariait tous les deux ou trois ans), un éternel adolescent dont on s'étonna à sa mort qu'il eût déjà 67 ans.

On peut ajouter à sa postérité sa petite fille, Mariana de Moraes, interprète de grand talent. Elle reprend les chansons de son grand-père de façon très personnelle et fait découvrir des auteurs compositeurs contemporains avec le même enthousiasme. Un album sorti en avril 2000 : Se é Pecado Sambar.

 

Recette de femme

Que les très laides me pardonnent mais la beauté est fondamentale. Il faut dans tout cela qu'il y ait quelque chose d'une fleur, quelque chose d'une danse, quelque chose de haute couture dans tout cela (ou alors que la femme se socialise élégamment en bleu comme dans la République Populaire Chinoise).

Il n'y a pas de moyen terme. Il faut que tout soit beau. Il faut que, tout à coup on ait l'impression de voir une aigrette à peine posée, et qu'un visage acquière de temps en temps cette couleur que l'on ne rencontre qu'à la troisième minute de l'aurore.
Il faut que tout cela soit sans être, mais que cela se reflète et s'épanouisse dans le regard des hommes. Il faut, il faut absolument que tout soit beau et inespéré. Il faut que des paupières closes rappellent un vers d'Eluard, et que l'on caresse sur des bras quelque chose au delà de la chair : et qu'au toucher ils soient comme l'ambre d'un crépuscule.

 

Ah, laissez-moi vous dire qu'il faut que la femme qui est là, comme la corolle devant l'oiseau soit belle, ou qu'elle ait au moins un visage qui rappelle un temple ; et qu'elle soit légère comme un reste de nuage : mais que ce soit un nuage avec des yeux et des fesses. Les fesses c'est très important. Les yeux, inutile d'en parler, qu'ils regardent avec une certaine malice innocente. Une bouche fraîche (jamais humide), mobile, éveillée, et aussi d'une extrême pertinence. Il faut que les extrémités soient maigres, que certains os pointent, surtout la rotule, en croisant les jambes et les pointes pelviennes lors de l'enlacement d'une taille mobile. Très grave toutefois est le problème des salières : une femme sans salières est comme une rivière sans ponts. Il est indispensable qu'il y ait une hypothèse de petit ventre, et qu'ensuite la femme s'élève en calice et que ses seins soient une expression gréco-romaine, plus que gothique ou baroque et qu'ils puissent illuminer l'obscurité avec une force d'au-moins 5 bougies. Il faut absolument que le crâne et la colonne vertébrale soient légèrement visibles et qu'il existe une grande étendue dorsale...  

 

Que les membres se terminent comme des hampes, mais qu'il y ait un certain volume de cuisses. Qu'elles soient lisses, lisses comme des pétales et couvertes du duvet le plus doux, cependant sensible à la caresse en sens contraire.

Les longs cous sans nul doute sont préférables de manière à ce que la tête donne parfois l'impression de n'avoir rien à voir avec le corps et que la femme ne rappelle pas les fleurs sans mystère. Les pieds et les mains doivent contenir des éléments gothiques discrets. La peau doit être fraîche aux mains, aux bras, dans le dos et au visage mais les concavités et les creux ne doivent jamais avoir une température inférieure à 37° centigrades, capables, éventuellement, de provoquer des brûlures du premier degré.

Les yeux, qu'ils soient de préférence grands et d'une rotation au moins aussi lente que celle de la terre ; qu'ils se placent toujours au delà d'un mur invisible de passion qu'il est nécessaire de dépasser. Que la femme, en principe, soit grande ou, si elle est petite, qu'elle ait l'altitude mentale des hautes cimes.

Ah, que la femme donne toujours l'impression que si ses yeux se ferment
En les ouvrant, elle ne serait plus présente avec son sourire et ses intrigues. Qu'elle surgisse, qu'elle ne vienne pas, qu'elle parte, quelle n'aille pas.

Et qu'elle possède un certain pouvoir de rester muette subitement, et de nous faire boire le fiel du doute. Oh, surtout qu'elle ne perde jamais, peu importe dans quel monde , peu importe dans quelles circonstances, son infinie volubilité d'oiseau, et que caressée au fond d'elle-même, elle se transforme en fauve sans perdre sa grâce d'oiseau; et qu'elle répande toujours l'impossible parfum ; et qu'elle distille toujours le miel enivrant ; et qu'elle chante toujours le chant inaudible de sa combustion et qu'elle ne cesse jamais d'être l'éternelle danseuse de l'éphémère ; et dans son incalculable imperfection qu'elle constitue la chose la plus belle et la plus parfaite de toute l'innombrable création.

Vinicius de Moraes

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